Cette semaine, la neige et le froid sont au rendez-vous. Voici quelques conseils pour mieux vivre cette situation, qui va durer au moins jusqu’Ă vendredi.
Gelures ou hypothermies, mais aussi aggravation de maladies chroniques (cardiaques et respiratoires en particulier) ou, indirectement, intoxications au monoxyde de carbone Ă cause d’appareils de chauffage mal utilisĂ©s ou mal entretenus... Le froid, qui commence Ă s’installer, peut provoquer bien des dĂ©gĂąts sur notre santĂ©. En cas de chute brutale des tempĂ©ratures, voici nos conseils (argumentĂ©s) pour rĂ©sister.
1. Bien se couvrir
- Mettre un vĂȘtement trĂšs Ă©pais n’est pas toujours la bonne solution: l’air sec et immobile est l’un des meilleurs isolants thermiques qui soient. Pour rĂ©sister au froid, rien de mieux que s’en «envelopper», soit en optant pour une tenue spĂ©cialement conçue pour piĂ©ger l’air (comme les vĂȘtements de ski, ou de randonnĂ©e), soit en superposant plusieurs couches de vĂȘtements lĂ©gers et pas trop serrĂ©s. La couche au contact de la peau doit pouvoir Ă©vacuer la transpiration; la couche intermĂ©diaire a pour fonction d’emprisonner de l’air chaud autour de votre corps; la couche extĂ©rieure doit protĂ©ger du vent, et de l’eau (mais laisser s’Ă©vacuer la transpiration).
- Certaines parties du corps sont Ă protĂ©ger tout particuliĂšrement: tĂȘte, cou et mains, ainsi que le nez ou la bouche (pour respirer un air moins froid). Notre organisme prĂ©fĂšre sacrifier les doigts pour protĂ©ger nos organes internes! ExposĂ© au froid, il va donc privilĂ©gier ces derniers, et les extrĂ©mitĂ©s seront moins irriguĂ©es par la circulation sanguine. La vasoconstriction cutanĂ©e est aussi une tactique de protection de l’organisme: moins irriguĂ©e, votre peau est plus isolante. La tĂȘte reste, elle, trĂšs irriguĂ©e (il faut protĂ©ger le cerveau), la couvrir Ă©vite donc qu’une partie de la chaleur produite par le corps s’Ă©chappe.
- Attention Ă vos chaussures: vos pieds doivent ĂȘtre au chaud, et vous devez prendre garde au risque de glissade sur un sol gelĂ©.
- Le jogging, voire les efforts physiques habituels (manipulation d’objets lourds...) sont Ă pratiquer avec prĂ©caution, voire Ă Ă©viter chez les personnes fragiles. RĂ©sister au froid demande dĂ©jĂ des efforts plus importants Ă votre organisme: le cĆur bat plus vite, la pression sanguine est plus importante, la frĂ©quence respiratoire augmente.
2. Trop manger ne sert Ă rien
- Le froid n’est pas une excuse pour vous prĂ©cipiter sur les raclettes, biscuits au chocolat et autres douceurs! Sauf activitĂ© physique intense ou exposition au froid particuliĂšrement prolongĂ©e, votre organisme n’a pas besoin de caloriessupplĂ©mentaires pour maintenir sa tempĂ©rature interne, ni d’aliments plus gras. Une nourriture Ă©quilibrĂ©e (et chaude) suffira Ă assurer les besoins Ă©nergĂ©tiques.
3. Ă boire!
- Ne pas oublier de boire: l’air froid a tendance Ă dessĂ©cher les muqueuses, il faut donc veiller Ă bien s’hydrater. Les boissons chaudes peuvent ĂȘtre agrĂ©ables et rĂ©confortantes, mais elles ne rĂ©chauffent pas plus qu’un simple verre d’eau. En revanche, Ă©vitez l’alcool: il reprĂ©sente un piĂšge car sous l’effet de l’alcool, les vaisseaux sanguins Ă la surface de la peau se dilatent et le sang afflue, ce qui nous donne une fausse sensation de chaleur... au dĂ©triment du reste du corps.
4. Continuer d’aĂ©rer son logement
- PrĂ©voyez, en cas de coupure d’Ă©lectricitĂ© ou de gel des canalisations, de l’eau et des aliments ne nĂ©cessitant pas de cuisson.
- Chauffer correctement votre domicile, mais sans excĂšs. Ne bouchez pas les aĂ©rations, continuez une fois par jour Ă aĂ©rer votre logement, et assurez-vous que votre installation est en bon Ă©tat de marche pour Ă©viter les risques d’intoxication au monoxyde de carbone . De mĂȘme, n’utilisez pas un chauffage d’appoint en mauvais Ă©tat ou prĂ©vu pour un usage extĂ©rieur.
5. Prendre soin des plus vulnérables
Les trĂšs jeunes enfants et les personnes ĂągĂ©es sont particuliĂšrement vulnĂ©rables aux effets du froid. Chez eux, les mĂ©canismes de rĂ©gulation thermique fonctionnent moins bien et ils sont moins actifs, donc se refroidissent plus vite. Attention aux bĂ©bĂ©s: mĂȘme si vous les avez trĂšs bien couverts, souvenez-vous que pendant que vous marchez, eux restent immobiles dans leur poussette. Par ailleurs, les enfants ne savent pas dire quand ils ont froid, a fortiori s’ils s’amusent.
Les malades chroniques (pathologies cardio-vasculaires ou respiratoires, hypothyroĂŻdie, maladies neuropsychiatriques) sont particuliĂšrement vulnĂ©rables: pour lutter contre le froid l’organisme mobilise prĂ©cisĂ©ment les mĂ©canismes fragilisĂ©s par leur pathologie.
6. Gare à certains médicaments
Certains mĂ©dicaments peuvent altĂ©rer les mĂ©canismes de lutte contre le froid (alerte de l’ ANSM dĂšs 2009): les neuroleptiques, barbituriques et benzodiazĂ©pines perturbent le fonctionnement de l’hypothalamus, qui pilote la thermorĂ©gulation centrale; certains anti-hypertenseurs et les vasodilatateurs perturbent la rĂ©gulation pĂ©riphĂ©rique. D’autres produits peuvent voir leur fonctionnement modifiĂ© par les effets du froid, avec notamment une absorption modifiĂ©e.
7. Savoir écouter son corps
- Les frissons sont une «seconde ligne de dĂ©fense» de l’organisme face au froid, les fibres musculaires superficielles se contractant pour accroĂźtre la production de chaleur. Leur apparition signale donc que l’organisme peine Ă rĂ©guler la tempĂ©rature interne. Quand les frissons apparaissent, il est temps de rentrer!
- L’hypothermie dĂ©marre lorsque la tempĂ©rature corporelle descend en dessous de 35°C. L’organisme ne peut alors plus fonctionner convenablement. Les signes avant-coureurs sont: frissons et grelottements, somnolence, fatigue, maladresse gĂ©nĂ©rale (pertes d’Ă©quilibre, difficultĂ© Ă manipuler des objets ou Ă parler). En dessous de 32°C, on parle d’hypothermie modĂ©rĂ©e: apparaissent une inconscience progressive et des hallucinations. Sous 28°C, c’est l’hypothermie grave.
- Les engelures sont des lĂ©sions localisĂ©es provoquĂ©es par un gel de la peau, le plus souvent au niveau des extrĂ©mitĂ©s exposĂ©es au froid (mains, pieds, visage). Cela commence par des rougeurs et sensations de brĂ»lure, puis vient une sensation d’engourdissement suivie d’une dĂ©coloration de la peau ou des taches blanchĂątres. Une engelure doit ĂȘtre traitĂ©e immĂ©diatement, pour Ă©viter qu’elle ne se transforme en gelure plus profonde.
- Lorsqu’il est extrĂȘme et subi de maniĂšre prolongĂ©e, le froid diminue nos performances et notre vigilance. Si vous menez une activitĂ© comportant un risque d’accident (bricolage, conduite...), et ĂȘtes exposĂ© au froid de maniĂšre prolongĂ©e, mĂ©fiez-vous: votre force musculaire, votre dextĂ©ritĂ© (dĂ©jĂ rĂ©duite par le port de gants et de vĂȘtements Ă©pais), votre attention et votre temps de rĂ©action peuvent ĂȘtre altĂ©rĂ©s.

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