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États-Unis, Chine, Allemagne: ils ont tous adopté un salaire minimum

INFOGRAPHIE - Montant, mode de calcul, revalorisation... Bien que mis en place dans de nombreux pays, le salaire minimum est loin d'être le même partout. Le Figaro passe en revue les salaires planchers, en Europe et dans le reste du monde.


De la Grèce aux États-Unis, en passant par la Chine ou l'Allemagne, de nombreux pays ont mis en place un salaire minimum. Celui-ci doit garantir un certain niveau de revenu aux employés mais il n'est pas partout calculé de la même manière. Certains pays, comme la France ou les États-Unis, définissent un taux horaire qui doit être multiplié par le nombre d'heures effectuées dans le mois pour obtenir un équivalent mensuel. D'autres le calculent sur une base hebdomadaire (comme les Pays-Bas) ou mensuelle (comme l'Espagne ou le Luxembourg).
À l'instar des États-Unis, du Canada ou de la Chine, le salaire minimum peut également être différent d'un État ou d'une province à un(e) autre. Aux États-Unis, bien qu'un salaire minimum soit fixé au niveau fédéral, chaque État peut légiférer de manière autonome sur la question. Dans la majorité des cas, le montant du salaire minimum est ainsi supérieur à celui fixé par l'État fédéral. En Chine, il s'agit pour le gouvernement de moduler le salaire minimum en fonction du coût de la vie dans les différentes provinces, comme cela pouvait être le cas en France lors de la création en 1950 du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), l'ancêtre de l'actuel Smic. Le Figaro fait un tour non exhaustif des salaires minimums, en Europe et dans le reste du monde.

L'Europe divisée sur le salaire minimum

• À l'Est, des planchers très bas
Les pays de l'Est restent ceux qui proposent les salaires minimums les plus faibles au sein de l'Union européenne. La palme revient à la Bulgarie, avec un salaire plancher mensuel brut équivalent à 174 euros. Avec la Roumanie (190 euros), elles sont les deux seuls pays à offrir un salaire minimum en-dessous des 200 euros. Si le Smic slovaque est deux fois plus élevé que son équivalent bulgare (352 euros), il est tout de même plus de deux fois moins élevé que le salaire minimum moyen (781 euros). La Slovénie est le seul pays de l'Est de l'Europe à offrir un salaire plancher supérieur à 500 euros: 789 euros brut mensuels.
• Les pays du Sud plus généreux malgré la crise
Le Portugal, Malte, l'Espagne et même la Grèce proposent des salaires minimums au-dessus de 500 euros. L'Espagne a réussi à surmonter la crise qu'elle a connu en 2010-2011 pour offrir le plus haut salaire plancher de l'Europe du Sud, à 753 euros. En Grèce, le montant du salaire minimum a maintes fois été discuté, la crise exerçant une pression à la baisse. D'un montant de 684 euros au 1er janvier 2014, il a été ramené à 580 euros et gelé jusqu'en 2016. Malgré cela, le Smic grec reste plus élevé que son équivalent portugais (566 euros).
• Des salaires minimums plus élevés à l'Ouest
Les plus hauts minima sont tous sans exception situés à l'Ouest de l'Europe. Le Luxembourg est le pays le plus généreux, avec un salaire minimum de 1921 euros par mois, suivi par la Belgique et les Pays-Bas. L'Allemagne, qui vient de mettre en place le salaire minimum, se classe quatrième (1473 euros). Avec son Smic à 1445 euros au 1er janvier 2014, la France ne se classe que sixième des pays européens, derrière l'Irlande. Le Royaume-Uni est quant à lui le seul pays de l'Ouest dont le salaire plancher mensuel ne dépasse pas l'équivalent de 1400 euros brut.
• Les pays scandinaves réticents
Ni le Danemark, ni la Finlande ou la Suède n'ont mis en place de salaire minimum. Ils font partie des six derniers pays européens (avec l'Autriche, Chypre et l'Italie) à ne pas proposer de salaire plancher. Pourtant, il existe bien des accords de branches qui imposent des minima aux entreprises. Mais ils résultent de discussions poussées entre les partenaires sociaux, grâce à la large place laissée à la négociation collective dans les pays nordiques.
• Un Smic à 3200 euros en Suisse?
Une votation a eu lieu au printemps 2014 pour décider si un salaire minimum de 4000 francs suisses, soit environ 3260 euros à l'époque, devait être instauré. Un montant qui paraît démesuré comparé aux autres salaires minimums en vigueur en Europe mais qui n'est pas si exorbitant rapporté au coût de la vie en Suisse. L'initiative n'a cependant pas convaincu les Helvètes, qui l'ont finalement rejetée à 77%.
• Aux États-Unis, le combat contre la pauvreté
En janvier 2014, contre l'avis du Congrès, Barack Obama décide de revaloriser le salaire minimum fédéral de près de 40% d'ici 2017, le faisant passer de 7,25 à 10,10 dollars de l'heure (environ 8,90 euros). Pour éviter tout abus constitutionnel, cette mesure ne s'applique qu'aux salariés des entreprises fournisseurs de l'État. Bien que les Républicains estiment qu'une hausse du salaire plancher dissuade l'embauche et entraîne donc une hausse du chômage, ils ont fini par soutenir à contre-cœur l'initiative présidentielle. Barack Obama l'a défendue en arguant que la lutte contre les inégalités devait constituer une priorité pour l'État. Un peu moins de quatre millions d'Américains sont encore payés au salaire minimum, souvent des jeunes sans qualification ou des employés à temps partiel.
• En Chine, une hausse de la demande
En Chine, le montant du salaire minimum dépend de la zone dans laquelle le salarié travaille. À Zhejiang, il équivaut désormais à 220 euros. Le gouvernement chinois encourage depuis plusieurs années les provinces à relever leur salaire plancher afin de dynamiser la demande intérieure et de doper la consommation. Cela encourage également les délocalisations vers le Cambodge ou le Bangladesh, où le coût du travail est moins élevé... ce qui est bien un des objectifs du parti communiste chinois, confronté au tarissement de la main-d'œuvre au sein du pays.
• Au Japon, la lutte contre la déflation
Depuis octobre dernier, le salaire minimum moyen au Japon s'élève à 780 yens par heure, soit environ 5,8 euros. Pour la troisième année consécutive, il a bénéficié d'une augmentation à deux chiffres, selon les vœux du gouvernement japonais qui supplie également les entreprises de revaloriser les salaires. Shinzo Abe, le très charismatique premier ministre, mène une politique monétaire destinée à redynamiser la consommation, qui doit elle-même conduire à une hausse de la demande afin d'enrayer la déflation. Augmenter le salaire plancher constitue donc un levier supplémentaire des Abenomics, les politiques économiques audacieuses menées par Shinzo Abe.


En savoir plus : http://www.lefigaro.fr/emploi/2015/02/11/09005-20150211ARTFIG00012-etats-unis-chine-allemagne-ils-ont-tous-adopte-le-salaire-minimum.php

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